1.6 L’emploi dans le secteur associatif
L’emploi dans le secteur associatif
Le monde associatif, avec plus de 10 millions d’associations existantes, est le troisième plus gros employeur au monde (source) : on compte 25% de la population mondiale qui y travaille de façon salariée ou qui s'y implique bénévolement.
En France, on compte aujourd’hui 1,8 millions d’emplois salariés, ce qui correspond à presque 10% de l’emploi salarié du secteur privé en France. Le salariat associatif est marqué par une dualité entre engagement et statut professionnel. Il ouvre une opportunité de travail gratifiant au service de l’intérêt général, mais doit s’adapter à la complexité de travailler avec des employeurs bénévoles.
Le salariat associatif s’est très largement développé depuis les années 1980, suite à une forte demande des pouvoirs publics. En effet, les associations mènent très souvent des politiques auparavant dédiées aux collectivité territoriales (urgence sociale, démocratisation de la culture par exemple).
Pour mieux appréhender la question de l'emploi dans le monde associatif, regardez cette vidéo du MOOC EVA E-learning Vie Associative (chiffres de 2019 issus de Les chiffres clés de la vie associative 2019 et Le paysage associatif français. Mesures et évolutions) :
Les établissements employeurs associatifs
En 2021, on compte 146 740 associations employeuses. La baisse entamée en 2016 semble s’enrayer. Mais malgré cette augmentation de 2%, on est encore loin des niveaux observés au cours des années 2012-2016 (au-dessus de 160 000 établissements).

Source : étude La France associative en mouvement / Recherches & Solidarités, octobre 2022
Les effectifs
En 2021, on comptabilise 1,815 millions de salarié⋅es dans les associations. L’année 2020 a marqué un retrait de 1,6% des effectifs, suivi d’un rebond de 2,7% en 2021, ce qui permet de dépasser le niveau d’avant la crise.

Source : étude La France associative en mouvement / Recherches & Solidarités, octobre 2022
Répartition des emplois associatifs par secteurs d’activité
Le secteur associatif est proportionnellement très peu présent dans certains domaines comme la recherche et le développement scientifique (moins de 5% des effectifs du secteur privé) ou encore dans la restauration (environ 1%). Inversement, les associations sont quasiment les seuls acteurs privés (environ 93%) dans certains secteurs comme l’aide par le travail ou encore l’accueil et l’accompagnement sans hébergement d’enfants et d’adolescents.
Le secteur sanitaire et social (santé, hébergement médico-social et action sociale sans hébergement) représente, à lui seul, 58% des effectifs salariés en association (plus d’un million d’emplois), répartis au sein de plus de 35 000 établissements, soit 24% des établissements employeurs.
Le salaire moyen
En 2021, le salaire moyen annuel par salarié⋅e est très variable, à la fois en fonction du degré de spécialisation des salarié⋅es, comme dans le secteur de la santé (environ 36 400 €) ou de la recherche (39 200 €), et inversement en fonction du temps de travail, comme dans l’aide à domicile (17 120 €), les activités récréatives et de loisirs (15 720 €) ou encore parmi les activités sportives (15 680 €).
Les types de contrats
Pendant des années, l’emploi associatif a largement été porté par des politiques d’emploi spécifiques : emplois–jeunes nouveaux services, contrat d’accompagnement dans l’emploi CUI/CAE, emplois tremplins. Mais même si la plupart de ces dispositifs ne sont plus accessibles, on constate toujours une certaine précarité des emplois associatifs : 71% des salarié⋅es associatifs sont en CDI en 2021 contre 88 % dans le privé lucratif et 83% dans la fonction publique. On peut aussi remarquer que ce taux varie fortement en fonction des secteurs d’activité : 89 % de CDI dans le secteur de la santé contre 63 % dans le sport .
Source : étude La France associative en mouvement / Recherches & Solidarités, octobre 2022
De plus, 40% des emplois associatifs sont à temps partiels allant jusqu’à 70% dans les seuls secteurs du sport et de la culture.

Source :
étude La
France associative en mouvement
/ Recherches & Solidarités, octobre 2022
Les groupements d’employeurs dans le secteur non marchand
Les acteurs associatifs, dans un contexte de rationalisation des financements, développent depuis une quinzaine d’années des stratégies de mutualisation, tout particulièrement par la constitution de groupements d’employeurs (GE). Permettant de structurer l’emploi associatif sur un territoire tout en sécurisant les parcours professionnels des salarié⋅es, le groupement d’employeurs recrute des salarié⋅es qu’il met exclusivement à la disposition de ses adhérent⋅es.
Les avantages recherchés à travers ces GE sont nombreux, notamment :
- la sécurisation juridique de la mutualisation
- le développement de contrats à temps plein et de contrats à durée indéterminée permettant l’accès à la formation et l’application d’une convention collective
- la simplification dans la gestion des ressources humaines pour l’employeur
- l’ancrage de l’activité de l’emploi sur un bassin de vie
- la sécurisation de la trajectoire professionnelle et du parcours de vie
Percée de l’alternance dans les associations
Après l’entrée en vigueur des dispositions prévues par la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » du 5 septembre 2018 qui ont entraîné une profonde transformation de l’apprentissage et les mesures exceptionnelles à l’embauche d’apprentis dans le cadre du plan #1jeune1solution, la France a connu, en 2021, la plus forte hausse jamais enregistrée du nombre d’apprentis. Il a bondi de 34% dans l’ensemble du secteur privé, et de 64% dans le secteur associatif qui a su tirer parti de l’encouragement significatif de l’État, tout en donnant leur chance à des jeunes en formation. Ainsi, le secteur associatif représentait 3,9% de l’ensemble des alternants de l’ensemble privé en 2020, et avec 39 000 contrats en 2021, ce ratio passe à 4,9%. Parmi les secteurs les plus actifs dans ce domaine, le sport et l’animation arrivent en tête. Les autres secteurs sont l’hébergement médico-social, le secteur social sans hébergement et l’enseignement.
La place du service civique dans les associations
La loi du 10 mars 2010 relative au Service Civique, a créé deux formes de Service Civique : l’engagement de Service Civique et le volontariat de Service Civique.
L’engagement de Service Civique, d’une durée de 6 à 12 mois, accessible sans condition de diplôme, pour l’accomplissement d’une mission d’intérêt général dans un des neuf domaines d’intervention reconnus prioritaires pour la Nation (culture et loisirs, développement international et action humanitaire, éducation pour tous, environnement, intervention d’urgence, mémoire et citoyenneté, santé, solidarité, sport) est la forme principale du Service Civique, destinée aux jeunes de 16 à 25 ans, et jusqu’à 30 ans pour les jeunes en situation de handicap.
Le volontariat de Service Civique est l’autre forme du Service Civique, destinée aux personnes de plus de 25 ans. D’une durée de 6 à 24 mois, il peut être effectué auprès d’associations et de fondations reconnues d’utilité publique. Il ouvre droit à une indemnité et à un régime complet de protection sociale, pris en charge par l’organisme d’accueil.
L’indemnité service civique en 2022 est de 580,62 € net par mois.

Source : étude La France associative en mouvement / Recherches & Solidarités, octobre 2022
Les associations constituent le principal lieu d’accueil des jeunes volontaires. En 2021, elles représentent 81% des 10 400 organismes agréés. En 2022, on comptabilisait 145 000 volontaires en service civique dans les associations (augmentation de 10 %).
Même si ces jeunes représentent, à l’évidence, un apport non négligeable pour le secteur associatif, chacun⋅e sera bien conscient de l’effort que constituent, pour chaque association, leur recrutement, leur accueil et leur accompagnement. Et cet effort mérite d’être mieux connu encore et clairement valorisé.
Pour aller plus loin :
- Chapitre IV L’emploi dans les associations de l’étude La France associative en mouvement publiée par Recherches & Solidarités, octobre 2022
- Guide L'association employeur de salariés sur le site https://www.associations.gouv.fr/
- Dossier Association employeur sur le site https://www.associatheque.fr/
- Article Emploi, bénévolat et financement des associations culturelles par Valérie Deroin dans Culture chiffres, 2014/1 (n° 1)
- Dossier Qui est le patron des associations ? dans la revue Mouvements, 2015/1
- Dossier Partager l’emploi associatif : les groupements d’employeurs non marchands dans Les Cahiers de l'action, 2018/1 (N° 50)
- Article Les relations de travail dans les entreprises associatives. Salariés et employeurs bénévoles face à l’ambivalence de leurs rôles par Simon Cottin-Marx dans La Revue de l'Ires 2020/2-3 (n° 101-102)
- Article La puissance publique est responsable du salariat associatif “ atypique ” par Simon Cottin-Marx et François-Xavier Devetter dans l’étude n°5 du CIRIEC Travail, emploi, formation : penser l’interdépendance, 2023, pp.49-55